Le livre numérique va-t-il tuer le papier ? *
* Je ne suis pas peu fière de mon titre assez putassier et racoleur, et qui n’a pas grand chose à voir avec le contenu de la note, ceci dit.
Alors, la liseuse, cet etrange animal ? J’entendais parler du Kindle depuis un bon moment avec une certaine indifférence. Je n’aimais pas le design de la chose, déjà, je préférais ne pas acheter un produit lié et developpé par Amazon. Donc, je voyais ça avec un intéret lointain, jusqu’a ce qu’en bon mouton, je m’intéresse à celui que Miss Sunalee avait choisi chez Sony. (beaucoup plus joli que le Kindle ! ). L’intéret n°1 de cet appareil pour moi, ce n’était pas de remplacer les livres : j’aime trop ça. J’aime l’odeur de l’encre, et le toucher du papier. J’aime feuilleter mes livres, et les commencer par la fin si ça me chante. J’aime les entasser, les ranger, les relire…
Mais quand je pars en vacances, j’en avais vraiment marre de devoir embarquer 10 kg de bouquins dans ma valise (parce que vu le poids ridicule qu’on peut embarquer, c’est livres ou ptites culottes de rechange, c’est ça ? ). Sans compter la crainte de tomber à court de lecture pendant mes vacances. L’horreur. (Au comble du désespoir, il y a deux ans, j’ai lu un Guillaume Musso, abandonné dans un guesthouse sudafricain. Même avec une insolation, j’ai vraiment pas trouvé ça à mon gout. On notera mon admirable réserve. Par contre, je digresse encore en disant que j’aime bien le principe de déposer des livres dans des guesthouses. En général, il y a une bibliothèque, et on peut se servir, à condition de laisser autre chose en échange). Mais là, avec mon joujou, c’est FI-NI. Plus jamais a court de lecture, et si j’ai envie de passer ma journée à lire sur une plage, je ne dois plus m’inquiéter de l’état des stocks. (Certains jours, je maudis la prof qui nous avait formés à la lecture rapide. Elle a signé ma ruine ce jour la. ) J’ai de la lecture dans le train, dans le bus, dans un salon de thé, partout ! Et quand on est une droguée de la chose écrite dans mon genre, c’est le bonheur.
L’écran est tactile, c’est assez pratique, même si je ne suis pas trop douée (je selectionne toujours le mot à coté), et le confort de lecture est là. C’est infiniment plus agréable qu’un écran rétroéclairé. On peut régler luminosité, contraste et taille de la police de caractère (très pratique pour lire des fichiers pdf). J’ai l’impression de jouer avec un Telecran pour adultes chaque fois que je change de page. Il est léger, et le format se loge facilement dans une main.
Mais me direz vous, chère Maryse, cette merveille a-t-elle des points négatifs ?
Alors, je dirais, et j’enfoncerai une porte ouverte que tout agréable que cette innovation soit, ce n’est pas un livre. C’est un accès au contenu sans le contenant. Ce n’est pas aussi agréable qu’un livre, ça ne sent rien du tout, ça ne fait pas de bruit, ça n’a pas de jolie couverture, ça ne se feuillette pas, et ça ne porte pas les marques habituelles d’un livre qu’on a beaucoup aimé et relu. D’ailleurs, pour moi, ça n’a pas vocation à remplacer le *vrai* livre et j’en achète toujours autant. Par contre, tout ce qui est lecture légère (genre chick lit et bit lit), je n’aurai aucun scrupule à les passer en numérique. Pour beaucoup, les couvertures sont si moches que c’est tout juste si j’ose lire ça en public.
J’allais aussi parler du prix du livre numérique, et j’avais parlé d’amortissement, economies d’echelle, cout marginal, couts fixes de production, transport et couts de stockage. Parler d’industrie sur mon blogounet, une grande première, j’avais pourtant dit que jamais jamais jamais. Mais en fait, ça en discute entre professionnels de ces métiers là chez Armalite, donc je vous renvoie la bas pour plus de précisions. Juste en disant que si le livre numérique se maintient au prix d’un livre de poche, ça me donne très envie de privilégier l’edition papier après tout.
D’un autre coté, je ne vais pas payer deux fois non plus. Pour un livre à peine sorti, je comprends une différence de prix. Pour un livre un peu plus ancien, il est raisonnable de penser que les couts fixes de production du livre ont déjà été amortis par la production de l’edition « physique » et que donc pour l’edition numerique, on ne doit plus intégrer les heures machines de production, les salaires du personnel pilotant les machines, le stockage, le transport vers les différents dépôts puis distributeurs…
Bref, c’est un sujet dont je ne veux pas déposséder les professionnels de ces métiers ( je suppose que le flux de production d’un livre n’est pas extraordinairement différent d’un sac de clous, pour schématiser, mais je préfère ne pas m’avancer. )
En clair : je suis contente de mon achat.
